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Les centrales solaires thermoelectriques
-LES CHEMINÉS SOLAIRES

-LES CENTRALES SOLAIRES THERMOÉLECTRIQUES À CONCENTRATION

  -CENTRALES À CAPTEURS CYLINDRO-PARABOLIQUES
  -LES TOURS SOLAIRES À CONCENTRATION
 

Non seulement il est possible de produire de l’énergie électrique au moyen de plaques solaires photovoltaïques, mais aussi grâce à la chaleur produite par la radiation solaire en utilisant la technologie solaire thermoélectrique.

Il s’agit d’une technologie consistant à chauffer un fluide en utilisant l’énergie du soleil afin pour mettre en mouvement un générateur électrique.

On emploie pour ce faire deux grands groupes de technologies : les cheminées solaires (ou tours solaires) et les centrales de concentration de rayons solaires (centrales de capteurs cylindro-paraboliques et de captation en tours)

Les cheminés solaires

Les cheminés solaires sont des centrales électriques qui consistent en une grande surface de terrain couverte de verre ou de plastique avec au centre une cheminée très haute. A la base de la cheminée, on installe des aérogénérateurs.

Cheminée de Manzanares (Espagne)

 

Fonctionnement- Les jours ensoleillés, les rayons solaires traversent la surface de plastique, réchauffent le sol et la masse d’air qui se trouve dessus. L’air chaud se dilate et devient plus léger produisant ainsi une brise qui va en direction de la cheminée.

Au fur et à mesure que l’air s’approche de la cheminée, sa vitesse et sa température augmentent et atteignent des valeurs maximales à la base de celle-ci. L’air en mouvement s’introduit alors dans la cheminée sous forme d’un puissant courant qui transmet son énergie cinétique à des aérogénérateurs qui ont pour fonction de la transformer en électricité.

 

Section du schéma de fonctionnement de la tour ou cheminée. L’air se réchauffe sous la serre et sa température augmente au fur et à mesure qu’il s’approche de la cheminée. Lorsque l’air s’est introduit dans la cheminée, il cède son énergie au générateur puis se refroidi.

 

Origines de l’idée- Ce modèle de centrale éolienne solaire fut conçu pour la première fois en 1903 en Espagne, lorsque le colonel d’artillerie Isidore Cabanyes présenta dans la revue « La Energía Eléctrica » un article qui avait pour titre : « Proyecto de motor solar » (projet de moteur solaire). La description de l’invention se basait exactement sur le principe que nous venons d’expliquer.

Il semble cependant que ce projet fut oublié jusqu’en 1931 où l’allemand Hans Gunter (qui semble-t-il n’avait pas connaissance de l’invention espagnole) présenta la première étude d’une centrale électrique avec cheminée solaire. Le projet de cheminée solaire fut patenté en 1978 et en 1981 par Robert E. Lucier.

Cheminées solaires dans le monde- La première centrale pilote utilisant cette technologie fut construite à Manzanares, dans le centre de l’Espagne, en 1981. Elle a été en fonctionnement jusqu’en 1989 où une tempête renversa la tour. La cheminée solaire de Manzanares fut financée entièrement par le ministère allemand d’investigation et technologie et exécutée par la société allemande Schlaich Bergermann sur un terrain cédé par la compagnie Electrique Unión Fenosa. La centrale éolienne-solaire de Manzanares avait une surface de captation de 44000m2 et une tour de 194,6m de hauteur et 10m de diamètre. La base de la cheminée était équipée d’un aérogénérateur de 50 kilowatts de puissance. Le but de l’utilisation de cette centrale était la vérification du fonctionnement de la théorie et l’expérimentation avec des concepts et matériaux différents.

Actuellement, divers projets sont en marche pour l’exploitation de cette théorie à grande échelle :

Enviro Mission a mis en chantier une cheminée solaire à Mildura (Australie). En principe, cette centrale devait avoir une puissance de 200 MW et une tour de 1000 mètres de hauteur. Il semble que les prétentions initiales ont été réduites et l’on pense que possiblement la puissance sera de 50MW et que la hauteur de la tour sera de 550m. Cette centrale pourra fournir de l’électricité à environ 100 000 foyers australiens de consommation moyenne.

Une autre tour solaire est en construction en Espagne dans la localité Fuente del Fresno près de Ciudad Real dans la province de Castilla la Mancha. Cette centrale aura une puissance nominale de 50MW. Sa surface de captation sera de 650 hectares (6 500 000 m2) et sa tour atteindra 750 m ce qui fait qu’elle sera la plus haute d’Europe. Dans cette centrale, en plus de la fonction électrique, on prétend tirer profit de la structure périphérique de la serre pour installer des cultures irrigables, à des fins énergétiques ou de biomasse (la zone proche de la cheminée serait inadéquate en raison des fortes températures). On envisage aussi de lui donner un but touristique en installant un belvédère au sommet de la tour.

On sait aussi qu’il existe une autre cheminée solaire (ou peut-être seulement un projet) en Arabie Séoudite, mais il n’a pas été possible d’obtenir plus de détails sur cette centrale.

On a trouvé dans certains médias des critiques sur ce type de centrales solaires en raison de leur faible rendement qui ne dépasse pas le 2%. Cependant, la simplicité de cette technique ainsi que les bas prix de ses composants la rendent extrêmement compétitive économiquement par rapport aux autres types d’énergies renouvelables. C’est-à-dire, le prix du KW est moins cher que celui qu’on obtient des autres formes d’exploitation solaire qui sont plus efficaces mais beaucoup plus coûteuses. En ce qui concerne les énergies renouvelables, les centrales thermoélectriques sont les plus rentables de toutes.

De plus, le fait de pouvoir utiliser une partie de la serre pour la production de cultures spécialisées, accroit la rentabilité du terrain utilisé.

Ce système est aussi un des rares modèles d’énergie renouvelable qui assure un fonctionnement relativement constant. Grâce à l’emplacement de conteneurs remplis d’eau sous le plastique, on arrive à accumuler l’énergie calorifique reçue pendant la journée, afin qu’elle se libère la nuit et maintienne la turbine en fonctionnement.

Les centrales solaires thermoélectriques à concentration
 

Ce modèle de production d’électricité solaire utilise durant une grande partie de son déroulement la même technologie que les centrales de combustibles fossiles. La seule chose qui diffère c’est la façon d’acquérir la chaleur nécessaire pour produire l’électricité. Alors que dans les centrales de combustibles fossiles, on brûle du charbon ou des dérivés du pétrole, les centrales solaires concentrent les rayons du soleil pour obtenir des températures élevées.

Il existe deux types principaux de centrales solaires thermoélectriques en fonction du modèle de capteur solaire qu’elles utilisent : Les centrales à capteurs cylindro-paraboliques et les centrales solaires de concentration en tour.

Centrales à capteurs cylindro-paraboliques

Pour ce type de centrales on emploie un modèle de capteur de forme cylindro-parabolique, recouverts intérieurement de matériel réfléchissant. Sur son axe focal se trouve une tuyauterie remplie d’un fluide qui transfère la chaleur.

Plateforme solaire du CIEMAT en Almérie (Espagne) photo : c Raul Bartolome/Greenpeace

Fonctionnement- Lorsque les rayons solaires frappent le capteur, ils se réfléchissent et se concentrent sur la tuyauterie située sur l’axe focal, qui atteint des températures dont les valeurs se trouvent entre 300 et 400 degrés. Le fluide à l’intérieur de la tuyauterie est alors pompé vers un dépôt de chaleur où il sera stocké. On utilisera plus tard cette chaleur pour actionner les turbines qui produiront l’énergie électrique

Schéma de fonctionnement d’un récepteur cylindro-parabolique

Pour optimiser la captation directe du rayonnement solaire, ces capteurs sont munis d’un système de contrôle composé d’un axe qui les oriente de forme permanente en fonction de la trajectoire du soleil.

Plusieurs de ces centrales sont déjà installées ou en construction dans divers endroits dans le monde. Les installations les plus grandes se trouvent aux Etats Unis dans le désert de Mojave (Les SEGS « Solar Electric Generating Station). Il s’agit de 9 centrales de puissances différentes et qui entre toutes atteignent 354MW.

A Kuraymat (Egypte) une centrale hybride est actuellement en construction ; elle combinera la source solaire et la combustion de gaz et sera d’une puissance totale de 150MW.

En Espagne, à Aldeire (Grenade) se trouve ANDASOL, le plus grand complexe thermosolaire, composé de trois centrales produisant 50 MW chacune.

Les tours solaires à concentration

Ce type de centrale se compose d’un champ héliostatique (miroirs orientables) et d’une tour réceptrice. Au sommet de la tour, se trouve une ouverture qui contient un récepteur constitué de matériel absorbant caloporteur (on emploie du sodium liquide, de la vapeur d’eau saturée, des sels de nitrate fondus ou de l’air).

Les jours ensoleillés les rayons arrivent sur le champ d’héliostats. Chacun de ces héliostats, grâce à sa mobilité, adopte une inclinaison et une orientation spécifique en fonction de trois facteurs : l’inclinaison du soleil, son azimut et sa position par rapport à la tour centrale. Le but de cette orientation précise est que chaque héliostat réfléchisse le plus longtemps possible la radiation solaire reçue, vers le récepteur de la tour. On obtient de cette façon la concentration du rayonnement solaire reçu, en un seul point qui atteint ainsi des températures extrêmement élevées de l’ordre de 4000 degrés centigrades. Le fluide caloporteur transfère l’énergie à un réservoir où elle reste stockée. On utilisera plus tard cette chaleur pour produire de la vapeur d’eau qui actionnera les turbines qui fourniront l’énergie électrique. 

Schéma de fonctionnement de l’aire de captation d’une tour solaire à concentration

Les centrales construites selon cette technologie sont encore peu nombreuses et toutes sont à l’essai, ce qui fait qu’elles sont de faible puissance (entre 0,5 et 10 MW). Tour

 
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